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25/09/05

Journées d’Action pour la création d’emploi : Le nouveau dispositif 
Les Journées d’Action pour la création d’emploi devaient prendre fin, hier, par l’adoption des recommandations retenues par les commissions qui ont débattu depuis jeudi de la plate-forme présentée par le gouvernement qui a orienté les travaux de ces J.A.C.E.

La vision du gouvernement de la question de l’emploi, son analyse et son appréhension, telles qu’elles ressortent à travers le plan d’action, traduisent une démarche rationnelle et pertinente que le gouvernement a mise en œuvre pour trouver les meilleures réponses et solutions à cette question complexe. Cette démarche sous-tend une stratégie qui se distingue nettement des approches que le gouvernement a jusque-là adoptées en matière de politique d’emploi, entre autres, et qui se prévaut par la prise en compte des aspects pertinents de la question au niveau macro et microéconomique, des interactions des facteurs qui agissent sur l’emploi, des acteurs et partenaires dans ce domaine, de la nécessaire concertation entre les intervenants, des points forts et potentiels qui peuvent sous-tendre fortement et dynamiser le marché du travail et des limites ou impertinence des stratégies adoptées jusque-là. 

Le gouvernement érige dorénavant en condition impérative la gouvernance, la rationalité et l’efficience dans ses stratégies, lesquelles doivent être appuyées et soutenues par les réformes et la mise à niveau de l’administration, de la justice et autres secteurs où se manifestent plusieurs dysfonctionnements qui peuvent contrarier les stratégies du gouvernement. 

Le plan d’action présenté par M. Driss Jettou, Premier ministre, est rationnel et objectif et se prévaut, de ce fait, de crédibilité, laquelle fonde la confiance des acteurs et partenaires concernés par la question de l’emploi. 

Le discours de M. Driss Jettou, et le plan d’action qui le quadrille, ne relève point de la formule déclaratoire, ce dernier est conçu de manière pertinente tant au regard des analyses modernes des questions de l’emploi, qui se posent à tous les pays, qu’en ce qui concerne la situation au Maroc, dans ce domaine. 

Ce plan d’action n’est pas un énoncé de mesures mais une stratégie qui met en œuvre une réponse économique et une action (politique) proactive. 

M. Jettou ne se perd pas en explications et va droit au but pour affirmer que la réponse économique ne peut suffire étant donné « l’ampleur du déficit d’emploi et sa situation critique, l’urgence d’accompagner les chômeurs rencontrant des difficultés d’insertion et la nécessité de mettre en relation l’offre d’emploi et sa demande ». 

La politique proactive intervient pour soutenir la création d’emploi, améliorer l’employabilité du demandeur d’emploi et dynamiser l’intermédiation. 

Le plan d’action est ainsi établi non sur ces deux piliers que la stratégie qu’il préconise est appelée à consolider, mais à travers ses actions et mesures, et que la croissance économique et la promotion de l’investissement productif, qui soutiennent l’édifice, devront consolider. 

Celui-ci est un chantier dont les composantes s’articulent dans une architecture solidaire et complexe. 

Les recommandations adoptées par les Journées d’Action pour la création d’emploi viendront, une fois mises en œuvre, dynamiser les interactions que le gouvernement devra soutenir, évaluer, affirmer et renforcer de manière durable. 

La consolidation des équilibres macro-économiques, la modernisation de la gouvernance, la mise en conformité des réseaux (transport, télécommunications, énergie) et la modernisation du tissu productif, constituant le pilier économique et la réponse structurelle, sont, eux-mêmes, des chantiers de durabilité qui interpellent et mettent à contribution tous les agents économiques et la politique mise en œuvre à ce niveau. 

L’adéquation formation-emploi est considérée comme « pré requis transversal » dans le cadre de cet axe stratégique. 

Le plan d’action se distingue, au niveau de la stratégie proactive, par la souplesse, la réflexion et la concertation faisant des mesures à mettre en œuvre des initiatives s’assurant de pertinence et d’efficacité. Ces « Initiatives Emploi » se déploient à partir des « mesures phares » proposées par le gouvernement et qui visent à la création de 200.000 emplois, au cours des trois prochaines années, par la démultiplication de l’accès à l’emploi à travers l’employabilité, la dynamique de l’offre d’emploi par un train de mesures incitatives. 

Etant donné l’insuffisance de l’unique facteur de la croissance à réduire le chômage de manière significative, le plan stratégique met en place un nouveau dispositif de promotion de l’emploi conçu autour de quatre axes. 

Le premier est relatif à la promotion de l’emploi salarié et a pour objectif d’insérer les diplômés qui accèdent primo au marché du travail et qui sont affectés par le chômage de longue durée. Dans ce cadre, les « contrats de formation » sont améliorés et reconsidérés pour devenir des « contrats de Premier Emploi ». 

Ces contrats bénéficieront à de nouvelles catégories de chômeurs (non bacheliers diplômés de la F.P) et d’employeurs (coopératives et employeurs de droit privé). Leur durée sera de 24 mois au lieu de 26 mois. Le seuil du salaire exonéré (cotisations salariales et patronales dues à la CNSS, de l’IGR et de la TFP à hauteur d’une rétribution de 6.000 DH au lieu de 4.500). 

Le second axe porte sur l’appui à la création d’entreprises. Un dispositif global est mis en place pour soutenir financièrement les porteurs de projet de moins de 250.000 DH d’investissement. L’aide pré et post création d’entreprise sera assurée par les structures d’accompagnement (CRI, ANAPEC). L’assistance sera assurée par un comité de sélection auprès du CRI. L’ANAPEC prendra en charge des frais d’accompagnement à hauteur de 10.000 DH par projet. 

La facilitation de l’accès au crédit bancaire sera assurée par la délégation de la gestion de la garantie de 85% du crédit, par la CCG, aux banques pour le compte de l’Etat. Une avance sans intérêts sera consentie et représentera un maximum de 10% du montant de l’investissement, dans la limite de 15.000 DH, remboursable en 6 ans avec 3 années de différé. Le capital initial de la SARL est ramené de 100.000 DH à 10.000 DH. 

Au niveau du troisième axe relatif à l’amélioration de l’adéquation entre formation et emploi, deux types de formation, financés par l’ANAPEC, sont proposés. Il s’agit de la Formation Contractuelle pour l’Emploi (FCE) et la Formation Qualifiante ou de Reconversion (FQR). La « meilleure gouvernance du marché du travail » est le quatrième axe du dispositif gouvernemental. Dans ce cadre, les structures et les outils de régulation du marché seront développés à travers un contrat progrès Etat-ANAPEC. 

La gouvernance est fondée sur la professionnalisation des structures d’intermédiation sur le marché du travail, la contractualisation des objectifs d’insertion des diplômés, le développement de partenariat avec les agences de recrutement, la décentralisation des politiques de l’emploi, la mise en place d’un observatoire de l’emploi et l’adoption d’une démarche soutenue par l’Etat accompagnée et impulsée par les collectivités locales.

M. NASSIRI : L'Opinion  

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Dernière mise à jours le 13 décembre 2010
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